Nommé en mars dernier à la tête de la sélection nationale du Togo, Patrice Neveu est plus que jamais déterminé à ramener le Togo au premier plan du football africain. Entre ses premières actions à la tête des Éperviers, la prochaine fenêtre internationale, le tirage au sort de la CAN 2027, le technicien français se montre sans filtre dans cet entretien exclusif accordé à 228foot.
Bonjour, Patrice Neveu. Vous avez été intronisé à la tête de la sélection togolaise il y a trois mois. Après ces trois mois, quel bilan provisoire pouvez-vous faire de votre métier à la tête de cette sélection ?
Je pense qu’il y a encore beaucoup à faire, mais on avance, c’est le plus important. On a eu un premier stage en mars qui a été positif, suivi d’un deuxième stage qui arrive au mois de juin. Il faut qu’on continue sur la même spirale en augmentant encore le travail et en renforçant le capital confiance dans tous les secteurs, tout en fédérant davantage autour du projet. Comme vous le savez, il nous reste un chantier important avant les matchs de septembre qualificatifs pour la CAN 2027. Nous avons des joueurs binationaux qui sont encore en réflexion, et je pense que dès les mois de juillet et août, je vais tout faire pour me déplacer, aller les rencontrer et finaliser des échanges qui doivent nous permettre d’être très précis sur l’effectif total et global que je pourrai avoir pour ces éliminatoires de la CAN.
La CAF a organisé le tirage au sort de la CAN 2027 cette semaine. Le Togo est dans le groupe I avec l’Algérie, la Zambie et le Burundi. Quelle analyse faites-vous de cette poule pour le Togo ?
L’analyse, je dirais qu’on est tombé sur l’Algérie, qui est le favori du groupe, ça c’est une évidence. Après, concernant la Zambie et le Burundi, nous avons beaucoup de respect pour ces équipes. Je pense que ces trois équipes ont inévitablement l’ambition d’aller chercher cette deuxième place qualificative pour la CAN 2027. Maintenant, je pense que pour le Togo, c’est une mission qui est complètement possible : celle d’aller chercher la qualification, à condition qu’on continue notre phase de progression. Nous sommes loin d’être à notre maximum et nous devons encore avancer dans beaucoup de domaines, comme l’enrichissement de l’effectif et la mise en place d’une concurrence saine pour permettre à chacun de se surpasser.
Le Togo a raté quatre CAN de suite. Depuis 2017, le Togo n’y est plus. Le constat est clair : le Togo a du mal à entamer ses campagnes de qualification. Quelle analyse faites-vous de cette situation et comment comptez-vous régler ce problème avant le Burundi en septembre ?
Ce qui s’est passé auparavant appartient au passé. Maintenant, je pense que tout le monde, y compris le peuple togolais, a besoin d’un discours très clair : nous devons avancer et être performants. Le peuple togolais est fatigué d’entendre des promesses ; il faut passer à l’action et être performant sur le terrain. Par notre organisation, par les qualités que les joueurs possèdent, mais aussi par l’engagement mental que tout le monde doit mettre au service de la nation.
CAN 2027 (Q) : le Togo hérite d’un groupe relevé avec l’Algérie
Vous allez disputer dans quelques jours deux matchs amicaux face à la Centrafrique et au Bénin à l’occasion de la trêve internationale de juin. Que recherchez-vous pour cette campagne de préparation aux éliminatoires de la CAN ?
Pour continuer à enrichir mon effectif, j’ai sélectionné quelques nouveaux joueurs, notamment des locaux. Des joueurs que je n’ai pas encore vus, tels que Kevin Boma et Gustave Akueson. Cela va me permettre d’avoir une vision encore plus globale de l’effectif. Il s’agit aussi de continuer à instaurer un climat de confiance et de performance, car c’est là que nous sommes attendus. Ces deux journées sont également importantes pour préparer le mois de septembre. Nous jouons les matchs en cherchant toujours à obtenir des résultats, mais pour cette journée en particulier, nous sommes vraiment dans une phase de préparation, car je vais lancer des jeunes joueurs et nous savons que cela peut parfois affecter les résultats.
En parlant de septembre, nous serons également dans le contexte du mercato avant cette période. Plusieurs de vos joueurs sont concernés par le prochain mercato estival, pour diverses raisons : le capitaine Djene Dakonam, qui est en fin de contrat avec Getafe, et Kevin Boma, qui vient de sortir d’une saison exceptionnelle en Liga Nos avec Estoril. Quel regard portez-vous sur ces deux joueurs et sur leur avenir en club ?
Ce que je sais, c’est qu’ils sortent d’une bonne saison, mais une saison qui a été assez éprouvante, car aujourd’hui, les championnats et le nombre de matchs ont fortement augmenté. Djene Dakonam est un excellent joueur. Sa polyvalence est remarquable : il peut évoluer dans une défense à deux ou à trois, ou bien sur le côté. Il est également performant au milieu de terrain. En plus, il est le capitaine de son club et a contribué à la qualification de Getafe en Ligue Europa. Ce qu’il a réalisé depuis plusieurs années en Espagne est remarquable. Quant à Kevin Boma, c’est un grand défenseur en devenir. Il est solide dans les duels, bon dans le jeu aérien et surtout efficace dans ses relances. Je vais être très attentif à cette période de transferts qui les concerne, mais aussi d’autres joueurs. Pour moi, l’objectif est d’aller rencontrer ces joueurs afin de leur donner tous les éléments nécessaires pour être prêts pour cette phase de préparation et pour septembre. Je reste également attentif aux binationaux, comme je vous le disais tout à l’heure, qui n’ont pas encore complètement donné leur accord. C’est donc aussi un élément important pour être performant.
