Le dossier Marvin Senaya continue de faire réagir. Courtisé par le Togo et le Ghana, le latéral droit semble désormais se diriger vers les Black Stars. Le clan Senaya monte au créneau dans un témoignage fort, qui éclaire davantage le choix de privilégier une sélection offrant des garanties solides pour la suite de la carrière du joueur.
Dans une interview accordée à Sport FM, son père, Senaya Yao Mawuto, a pris la parole pour expliquer les raisons derrière cette orientation, tout en pointant du doigt le manque de professionnalisme autour de sa gestion par les autorités togolaises.
Un premier contact ancien avec le Togo
Selon l’ancien international togolais, les premiers échanges avec les Éperviers remontent à plusieurs années. À l’époque, le joueur sortait d’un prêt réussi à Rodez et venait d’intégrer le groupe professionnel de Strasbourg sous Patrick Vieira.
Le contact avec l’équipe du Togo remonte à 3, 4 ans. On a été approché par le Team Manager, Serge Akakpo. Mais Marvin venait d’intégrer une équipe où il avait tout à prouver. On ne pouvait pas lui permettre de faire des allers-retours en sélection. Il fallait d’abord qu’il s’impose en club .
Un choix assumé à l’époque, dicté par une stratégie de carrière claire : privilégier la progression en club avant toute aventure internationale.
L’offre structurée du Ghana
Entre temps, il y a eu d’autres nationalités qui nous ont contacté, notamment celle du Ghana dont Marvin détient effectivement la nationalité. Ils nous ont fait une proposition de carrière pour lui au sein de l’équipe nationale des Black Stars. Et pour être honnête, quand on met en place un projet de carrière, il faut voir l’évolution exponentielle et ce que cela peut rapporter au joueur..
Il met notamment en avant les garanties offertes par les Black Stars, en particulier en matière d’assurance et d’accompagnement. Un point sensible pour lui, au regard de son propre vécu.
Un tacle appuyé à la gestion togolaise
Le père du joueur n’a pas mâché ses mots concernant la gestion du dossier par les autorités togolaises. Il affirme n’avoir jamais été contacté récemment, malgré l’arrivée d’un nouveau sélectionneur.
Depuis l’arrivée du nouvel entraîneur, personne de la fédération ne m’a contacté. J’ai appris que Marvin avait échangé directement avec Serge Akakpo, mais il ne lui a jamais donné son accord. On est surpris d’entendre qu’il aurait accepté. Un joueur ne peut pas donner son accord sans l’aval de sa cellule familiale. L’intégrer dans un groupe sans validation, c’est un manque de professionnalisme. C’est de l’amateurisme (…) Il ne s’agit pas de laisser les autres former et venir cueillir. Il faut commencer à la base. C’est le problème de notre équipe nationale.
Le traumatisme personnel comme facteur clé
Enfin, difficile de dissocier cette prise de position du vécu personnel de Senaya Yao Mawuto en sélection. L’ancien international se souvient encore de sa grave blessure en 2008, et surtout de l’absence de prise en charge.
Après ma blessure, personne ne s’est occupé de moi. J’ai tout payé moi-même. Il n’y avait aucune assurance. Aujourd’hui encore, je souffre énormément, surtout en hiver.

